Placé dans la gamme de la propriété comme le troisième vin, on aurait tort de le considérer comme une simple "troisième étiquette" telle que la conception bordelaise le veut. Véronique et Jean-François Julien : "Mathilde" mérite en soi une existence propre. C'est un premier vin à part entière de toute évidence, même issu de jeunes vignes sur 1,5 hectare. Aujourd'hui, ils défient la morosité et la crise en sortant un vin vendu en primeur. Un Saint-Émilion « gai, sur le fruit, rond, gras et vanillé, qui peut se boire tout de suite, entre amis. Pas un vin d'intellos », provoque Jean-François Julien, « mais un vin qui plaît aux consommateurs qui ne sont pas a priori des clients de grands crus, ou des buveurs habituels ». Et ça marche ! « Cuvée Mathilde ». « Je mets en bouteilles en juillet, après les agréments et un court passage en barrique. Et c'est bon tout de suite. Si l'on peut garder ce vin d'une année sur l'autre, sa vocation est d'être bu dans l'année. On sait aussi faire ici des vins de ce type qui plaisent aux consommateurs. Au moins aussi bien, et même mieux que les Américains ou les Australiens. Alors pourquoi s'en priver? D'autant que cela n'empêche pas de faire aussi 'de grands vins de garde », plaide le vigneron de Saint-jPey-d’Armens qui avoue ainsi ne pas avoir de problèmes commerciaux, ni d'états d'âme sur la qualité d'un Saint-Émilion mis en bouteilles dans l'année et vendu en suivant. La preuve ? Les heureux parents de ce produit un peu nouveau en bordelais l'ont baptisé "Cuvée Mathilde", du nom de leur fille. Autant dire une promesse.
"La bouche est charnue, ample et savoureuse, à la fois élégante et puissante, soutenue par des tanins serrés." Guide Hachette des Vins 2010.